Archives de catégorie : La Nature Gauloise nous parle

En vivant avec des Gauloises en liberté, jour après jour on perçoit de mieux en mieux les messages que leur nature nous délivre.

Parce qu’elles évoluent pratiquement sans contraintes humaines, leur programme génétique se manifeste dans leurs traits et dans leur comportement de façon difficile à observer en milieu artificiel.

C’est pour nous une expérience incroyablement belle passionnante à vivre. Cette page est un recueil de témoignages sur cette nature gauloise qui nous parle et nous enrichit.

Amateurs et éleveurs de Gauloises, nous serions heureux qu’elle vous intéresse !

Vous préparer à nous accueillir

(Longue) LETTRE à HUGO… et à tous les éleveurs de Gauloises en herbe !

Bonjour Hugo et vous tous qui vous préparez à nous accueillir ! D’abord un grand merci…

Pour commencer, nous aimerions nous présenter un peu avec des précisions qui pourraient te paraître grossières mais qu’il nous faut te donner quand même. On y va ? Super !

Alors voilà, nous les Gauloises ne sommes pas des prédateurs qui traquons et tuons pour nous nourrir et dévorer (à part une petite souris à l’occasion).

Nous sommes des proies de petites tailles, pas agressifs ni dangereux, physiquement fragiles et nous passons la plupart de la journée au sol. Oui, nous sommes vulnérables. C’est pour pouvoir survivre tout en apportant notre contribution à la vie que nous vivons en groupes sous la surveillance d’un coq.

Dans la chaleur de l’été, nous apprécions la fraîcheur humide de la forêt mais le coq veille alors que nous picorons l’humus. Avantage de la forêt : le moindre craquement de branche ou bruissement de feuilles suffit à trahir le prédateur et les perchoirs pour nous réfugier sont nombreux…

Nos prédateurs sont également au sol mais aussi dans le ciel et ils nous ciblent le jour et la nuit. Ils sont nombreux aussi.

Quelle existence !

En réalité, nous Gauloises sommes des oiseaux, ça on l’oublie facilement.

Repos des poules en journée, sur une branche de cyprès à 3,50 m de hauteur.

Nous sommes des oiseaux assez sauvages d’ailleurs ici, nous nous entendons pas mal avec les faisans de la forêt.

Ce qui convient aux animaux domestiques (chiens, chats) ne nous plaît pas vraiment, les câlins par exemple et les friandises nous sont même nuisibles.

Pour préparer notre venue, nous allons essayer de te faire imaginer à quoi ressemble le confort dont nous avons besoin, il est particulier.

Pour nous le confort ou des « bonnes » conditions ce n’est pas un environnement chauffé ou capitonné (nous avons des ailes où enfouir la tête bien au chaud et notre plumage est très isolant et assez imperméable).

Sous les ailes et dans le plumage de Vivi (Valérian x Poulette), ses poussins de 3 semaines vont passer une excellente nuit ! Il y a quelques jours elle leur a appris à la suivre tout là-haut.

Notre confort c’est la sécurité et la tranquillité, c’est une bonne pause dans le stress…

C’est aussi de ne pas être séparés du groupe mais pouvoir rester bien ensemble.
Pour une maman ou ses petits, c’est pouvoir garder un lien de transmission jusqu’à émancipation naturelle.

Froide journée de printemps, une pause bien à l’abri. La poule choisit un endroit caché ou assez proche des humains. Maman, magnifique specimen parfaitement typée.

Tu en sais pas mal à présent. Voici donc ce que tu peux faire pour nous.

Si tu étais un bon Génie sortant de la lampe, nous te demanderions bien un perchoir solide en hauteur à l’abri de la chute de branches les nuits de tempête, ensuite un périmètre électrifié autour de notre perchoir en cas de chute nocturne. Et aussi, s’il te plaît plante des buissons… et plein d’autres choses simples, pas chères. Nous t’en serions reconnaissants !

Sois tranquille, nous sommes assez sédentaires. Nous occuperons le territoire à notre disposition et n’en partiront pas, à moins d’en être chassés. Il est aussi vrai que nous partageons avec les Bretons et les Basques le goût de l’aventure : nous aimons beaucoup explorer les environs et le jardin des voisins. Mais il est bon aussi de retrouver chaque jour notre perchoir habituel où nous juchons avant le coucher du soleil.

Nous n’avons pas besoin d’être enfermés pour être protégés, nous préférons vraiment la liberté en hauteur, c’est là-haut que nous nous sentons bien. Peu importe le froid, le vent et ou les précipitations tant que nous pouvons rester en hauteur solidement perchés.
Enfermés dans un petit espace, nous nous sentirions prisonniers et incapables de réagir à un danger. C’est très stressant pour nous.
Seules celles d’entre nous qui couvent et élèvent des petits apprécieront une cachette au sol ou un abri bien fermée la nuit. Nous te ferons un dessin plus tard mais regarde déjà ceci…

Boîte de ponte et de couvaison au sol pour que les petits puissent y grimper seuls dès le premier jour. Poulette a couvé et dormi dedans avec ses petits jusqu’à ce qu’elle les prépare à percher. Les coqs ne retourneront plus dans ce genre d’abri que pour le montrer à de jeunes poules et les inviter à y pondre.

S’il n’y a pas d’arbres ni buissons assez haut chez toi, nous nous contenterons d’un perchoir artificiel.

Arbre à coqs chez Damien Vidart dans l’Aube. Les hivers y sont rudes, – 10°C. Des petites précautions peuvent alors être prises.

Un arbre mort ou un faux arbre fait d’un mât avec des tasseaux cloués en escalier. Un toit avec 1 ou 2 côtés, ce serait génial. Et le rêve : 2,5 m de hauteur.

Autrement, en version naturelle ce serait un gros buisson ou un arbrisseau à feuillage persistant équipé de tasseaux horizontaux (1 à 2 m de longueur) fixés au fil de fer à hauteur croissante pour percher confortablement avec nos jeunes et nos petits.

Nous mangeons toute la journée mais surtout au lever après une nuit froide (du maïs) et avant d’aller dormir. Merci pour tout ce que vous nous offriras !

Devenues maman, nourrir nos petits est d’un coup une préoccupation beaucoup plus urgente et obsédante.

Le manque de nourriture stresserait beaucoup les mamans et les pousserait vers des endroits peut-être dangereux.

Comme nous sommes aussi un peu indépendants, nous avons besoin de trouver une bonne partie de notre nourriture. Nous grattons les sols riches et humides ou les zones de compostage pour trouver ou apprendre à nos petits à trouver les bonnes choses à manger.

Chercher notre nourriture est inscrit dans nos gènes comme l’apprendre à nos petits.

Tu vois, nous avons besoin de gratter un sol naturel meuble et riche. Nous ne pourrons pas survivre sur un sol artificiel ou trop dur même si nos mangeoires sont toujours pleines.

Nous avons aussi besoin de végétaux vivants et de végétation où picorer insectes, bourgeons

et petits fruits…

Nous aimons bien les fraises des bois aussi…

Nous n’avons pas besoin d’aliments complets préparés industriellement. Ils sont chers et surtout inutiles. Donne-nous simplement à volonté :

  • blé acheté en sacs de 25kg (6€/sac)
  • maïs idem, moins en été, davantage en hiver distribué seul surtout au lever
  • coquilles d’huître déposées sur le passage d’une voiture pour qu’elles soit broyées automatiquement

En complément occasionnel :

  • tournesol acheté 12€ le sac de 15 kg. C’est une gourmandise.

À l’occasion :

  • reliefs de repas coupés/hâchés au couteau (viande, bout de gras et de nerfs, peau et cartilage de volaille coupés fin, pâtes, riz etc. Évite l’excès de sel)
  • couenne de jambon
  • croûtes de fromage (non moisies) en petits morceaux
  • déchets de crevettes et de poisson hachés au couteau
  • coquillettes peu cuites de temps en temps. C’est un rituel de rassemblement permettant de les inspecter
  • trognons de poire etc.

N’écoute pas ceux qui prétendent que nous mangeons de tout. Pas d’épluchures de légumes, pas d’oignons, surtout pas de peaux d’agrumes. Mets-les plutôt à composter (sauf peaux d’agrumes) et nous viendrons farfouiller dedans ce qui nous intéresse comme des vers.

Si tu veux bien nous donner un coup de mains avec nos nouveaux nés et vivre une magnifique expérience, broie entre 2 pavés une petite quantité de graines de blé et maïs et offre-le à une maman. Elle sera heureuse de le distribuer à ses petits et tu deviendras une sorte de papa. En tous cas, elle te reconnaîtra comme tel mais juste le temps de l’élevage des petits. J’oubliais… Fraîchement broyées, les graines sont meilleures car plus riches en vitamines.
Si nos petit aiment les croûte de gruyère / emmental en petits morceaux ? Bien sûr ! c’est une source délicieuse de calcium et de protéines.

Voilà Hugo. Tout se passera bien alors la suite, nous la découvrirons ensemble 🙂


Le 22/01/2022

Les gauloises nous parlent !

Comment nous « élever », comment nous faire pondre un œuf par jour pendant 18 mois, faire éclore des œufs sans la chaleur et l’humidité de notre plumage et sans nos soins. Nous protéger de maladies ou nous en soigner, nous débarrasser d’insectes et d’acarien, de nos parasites internes.

Cette construction flatteuse est notre cauchemar : sans vouloir blesser quiconque, elle reste comme un camp de concentration ou une maison de poupée inadaptée et le gazon artificiel un présage de mort.

Tout est dit et testé à échelle planétaire, même transformer un œuf en « délicieux » poulet rôti en 34 jours. 34 jours de non-vie pour les nôtres, la moitié des vacances d’été de vos enfants.

Ne vous vexez pas mais nous prenons tout ce que vous nous offrez simplement parce que nous n’avons pas le choix.
En fait, vous nous l’offrez souvent avec bonté parce qu’on vous a appris que c’était bon pour notre croissance, pour notre ponte ou notre santé. Alors beaucoup d’entre vous en ont compris « parce que c’est ce qu’ils aiment » ou bien « ils en ont besoin ».

À la vérité, nous ne pouvons pas dire notre désaccord individuellement et la faim nous fera manger n’importe quoi et l’habitude en redemander.

Notre désaccord, nous ne pouvons l’exprimer QUE collectivement sous forme d’épizootie, de dégénérescence ou d’extinction. C’est un peu dommage mais peu d’entre vous le comprenez ainsi.

Notre accord, nous l’exprimons aussi collectivement par notre développement, notre adaptation, notre santé et la joie partagée avec vous.

Notre meilleur abri : la hauteur dans la végétation où nous sous sentons en sécurité. Le feuillage persistant fait parapluie à la saison froide et humide… Nous savons partager le jeu avec vous en restant naturellement nous-mêmes.

Et ne vous y trompez pas, la mort n’est en rien tragique pour nous. En vivant ensemble, nous vous ferons changer d’avis : pour chacun des Gauloises que nous sommes, offrir notre vie est le plus souvent une marque de reconnaissance, un remerciement. Humm… Difficile à imaginer aujourd’hui. Rien d’étonnant, alors vivons ensemble assez longtemps et vous l’entendrez notre remerciement, et plus d’une fois, parole de Gauloises !

D’où nous venons, lointaine Asie du sud-est, depuis la nuit des temps c’est dans la forêt dense, les taillis ou les haies (humus et branchages) que nous vivions une vie toute de jeu : séduction, cache-cache avec nos prédateurs, intimidation, éducation de nos petits…

Avec nos cousins d’Asie, comme un air de famille, non ?

Les clairières étaient pour nous comme vos plages : bains de soleil, contact avec la terre sèche pour pouvoir rester bien propres et sains.

Danse de séduction quotidienne de Gibran pour se faire reconnaître par sa poule Gnose

En fait, les grandes étendues dégagées ne sont pas notre terrain de jeu préféré à cause des regards indiscrets ou envieux. En revanche, les jardins bien végétalisés parsemés de haies, de buissons à feuillage persistant, d’arbres à branches, d’éminences naturelles ou artificielles, waouh ! Avec des belles zones ombragées et humides s’il vous plaît…

Je m’appelle Gergovie. En me tenant à l’écart du groupe je découvre le milieu, monte la garde et apprends à devenir un chef. (Gergovie bague 9396, Valérian x Lulu. 18/05/2021)

Notre expérience de la liberté à Louchats dans le Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne dans une nature qui nous rappelle vaguement notre pays natal, c’est pour nous une occasion de montrer (et pour vous de découvrir) ce que nous aimons, tout ce que nous savons faire seuls et ce que nous pouvons vous apporter ou échanger avec vous.

Woaoh, la forêt ! Nous payons bien sûr son tribut à la nature (renards, chats huets, fouines, hérissons, rapaces) ou à nos éleveurs mais c’est notre façon d’être en vie et notre marque de reconnaissance. Vous avez remarqué la robe camouflage des filles ? Coq Gibran

Ce message n’est qu’une introduction à tout ce que nous avons à vous dire. C’est promis, si vous nous accueillez, nous approfondirons cette discussion personnelle avec plaisir !

Nous savons combien il est difficile de se délivrer de préjugés bien ancrés mais si vous êtes d’accord pour partager avec nous votre territoire sans nous considérer comme de simples joujoux écervelés, comme une déco à la mode ou une simple réserve de viande, nous serons heureux de VOUS élever à son tour.

Le Peuple des Gauloises

À propos des oreillons blancs

Crêtes, barbillons et plumage font partie de la panoplie des appâts visuels du coq pour gagner le cœur des poules.
Les oreillons en font-ils partie ? Nous nous interrogions sur ces oreillons, blancs chez les gaulois et rouges dans des races cousines.

Belle tête de gaulois ! Coq Gibran (Pangloss x Coquelicot, né le 06/05/2021)

En ce milieu d’hiver, une piste…

Face-à-face tendu à l’extrême, les corps ramassés et les camails largement déployés comme des magnifiques parasols, les coqs se fixent immobiles et totalement silencieux. D’un coup, c’est l’attaque foudroyante bec en avant qui vise la tête.
Dans l’éclair de l’attaque, ce sont les oreillons qui se détachent le mieux.
Voici notre observation,

En visant la tête, les challengers ne s’attaquent pas aux yeux mais bien aux oreillons qui se détachent nettement comme des cibles. Ils sont en fait des leurres que piquent et pincent le becs rivaux limitant ainsi le risque d’éborgnement.

Pour preuve les nombreuses marques et petites blessures es oreillons seraient-ils non pas des appâts sexuels à l’endroit des poules mais des défenses anti-éborgnement ?
Et alors, les oreillons blancs apporteraient-ils un avantage au coq gaulois dans une joute face à un autres dont les oreillons sont rouges ?


Le 18/01/2022

HIÉRARCHIE chez les Gaulois

Pour l’élevage des Gauloises en liberté le milieu de l’hiver est une période particulière. L’allongement des jours se perçoit à peine que les jeunes de l’année briguent la chefferie et se défient pour le contrôle du clan et du territoire. Message de leur nature : “Que le plus vigoureux gagne et assure la descendance de la famille au printemps approchant !

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